Journal ambigu d’un cadre supérieur de Étienne Deslaumes

En librairie le 3 mai 

Monsieur Tousaint Louverture 


 

Bienvenue chez Minerve Immobilier. Ici, pas de réunions qui n’aient d’objectifs cachés, pas de relations qui ne soient opportunistes, pas de confidences qui ne soient monnayées, et si vous vous demandez pourquoi certains cadres ont été embauchés malgré leur incompétence, dites-vous plutôt que c’est grâce à elle. Vous venez de pénétrer dans le monde des surnoms mesquins où les miettes de pouvoir se disputent autant que les bureaux qui ferment à clé.


Sans concession, vif et précis, ce Journal ambigu d’un cadre supérieur est une véritable entreprise de démolition. C’est un récit fictif au style élégant où le vrai et le faux n’ont aucune importance, où ce qui compte c’est d’observer les uns jouer contre les autres, d’étudier les mécaniques tordues à l’œuvre dans la machine à broyer du bureau, de se voir, de se reconnaître ou d’éviter de le faire.


Étienne Deslaumes a longtemps travaillé pour la filiale d’un groupe d’assurances. Il a connu la fin du «monde du travail» de ses parents, celui dans lequel, si on ne déméritait pas, on avait de bonnes chances de rester toute sa vie. Plusieurs années après son départ volontaire, il décide d’en tirer une satire distrayante, quelque chose de mordant. Après deux ans d’écriture, ce Journal en est le surprenant résultat.


Mot de l’éditeur : Pourquoi publier ce livre ? Parce que c’est drôle, c’est caustique et dur ; parce que c’est un objet littéraire hybride, une fiction inspirée par du réel et que, grâce au style de l’auteur, ça fonctionne à merveille. C’est une entreprise littéraire de démolition sans concessions qui fait rire, que j’ai trouvé pertinente sans être larmoyante et sociale, qui est incisive et totalement moderne. Sa forme même de journal de bord qui a été construite par l’auteur est tout à fait efficace. J’ai aussi été très attiré par les contours flous du narrateur, à la fois lâche et clairvoyant, très ambigu dans sa façon de nous présenter sa réalité. Il est cynique, conscient de ce cynisme, mais en même temps, il n’est pas différent des autres. Ni pourfendeur, ni chevalier, il se fait le simple rapporteur, et, en cela, campe une position qui est finalement très proche de celle de n’importe qui dans un bureau.

Pour tout renseignement auprès de l'éditeur :

lerepresentant@monsieurtoussaintlouverture.net