Philby, Portrait de l’espion en jeune homme de Robert Littell

En librairie le 3 novembre 2011



Baker Street


 
1933. Hitler a commencé son irrésistible ascension, et toute l’Europe tremble. Quelques mois après l’incendie du Reichstag, un jeune Anglais, tout juste sorti de Cambridge, part pour Vienne en quête d’aventure, d’amour et d’une cause à laquelle il peut croire. Il rencontre une militante communiste hongroise et est pris dans l’insurrection ouvrière de février 1934, qui sera durement réprimée par le chancelier Dollfuss. Face à la montée des périls, il épouse la jeune femme, non seulement communiste mais juive, afin de lui procurer un passeport britannique, et la ramène en Angleterre. À Londres, il est recruté par les services de renseignement russes, et peu après s’en va en Espagne couvrir la guerre civile en tant que journaliste free-lance. Ses articles sont remarqués, et le Times l’embauche bientôt comme correspondant. Mais de quel côté vont vraiment ses sympathies ? Est-il encore le jeune homme de gauche qui était parti lutter contre Dollfuss, ou est-il devenu, comme ses articles pourraient le laisser croire, un partisan de Franco ? Dès lors apparaît chez lui ce trait qui ne le quittera plus : l’ambiguïté. Suivi de près par la duplicité. Car s’il est si difficile de savoir dans quel camp il est, c’est peut-être simplement qu’il ne choisit pas son camp, à moins qu’il n’en choisisse plusieurs…

Dans ce roman on assiste, fasciné, aux débuts d’une des plus longues et époustouflantes carrières que le monde de l’espionnage ait jamais connues : celle de Harold Adrian Russel Philby, dit Kim, le plus élusif, le plus mystérieux, le plus intouchable de ceux qu’on a appelés « les Cinq de Cambridge », qui finiront par être démasqués comme agents soviétiques ou deviendront transfuges. Sur toile de fond d’une Europe paralysée par le spectre de la guerre imminente, puis plongée dans les horreurs du début du conflit, on suit les premiers pas de danse esquissés par le plus insaisissable des espions. Mais ce n’est pas le Philby de la guerre froide que l’on voit ici, célèbre pour son spectaculaire passage à l’URSS et déjà évoqué par Robert Littell dans sa saga de la CIA, La Compagnie. C’est un Philby jeune, idéaliste, luttant pour des principes – mais lesquels ? –, se posant des questions, tâchant de percer à jour cette interrogation : entre le communisme et le fascisme, quel est le plus grand mal ? Avec son talent inimitable pour conjuguer Histoire et fiction, mêlant savamment les points de vue de personnages inventés et de vraies figures historiques, et plaçant au centre du tableau cet acteur clé – et jusqu’au bout insondable – que fut le maître espion Kim Philby, Robert Littell revient sur des moments critiques du XXe siècle.

Ancien journaliste à Newsweek, spécialisé dans les affaires russes et moyen-orientales, Robert Littell a notamment publié Ombres rouges (1992), Le Sphinx de Sibérie (1994), La Compagnie (2003) – devenu par la suite une mini-série pour la télévision, en partie réalisée par Ridley Scott –, Légendes (2005) – dont la Fox a acquis les droits pour une série télévisuelle –, L’Hirondelle avant l’orage (2009), et un livre d’entretiens, Conversations avec Shimon Peres (1997). Cette année, La Compagnie : le grand roman de la CIA, qui s’est déjà vendu à près de 65 000 exemplaires en poche, figure dans une « Sélection de fin d’année des 10 romans 2000-2011 à lire absolument, plébiscités par les lecteurs de Points ».






Bande-annonce de la mini-série tirée de LA COMPAGNIE de Robert Littell.


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